Île de la Réunion : légumes d’antan, le mouroungue (moringa)

Moringa, Saint-Leu – photo 1

Le mouroungue (moringa), un arbre d’autrefois à La Réunion

À La Réunion, le mouroungue, aussi appelé moringa, fait partie de ces plantes d’autrefois un peu oubliées. Les photos de cet article ont été prises à Saint-Leu, où des moringas poussent naturellement dans les rues.

Cet arbre se mange, se cultive facilement, et ses graines servent aussi à purifier l’eau et à produire une huile.

Fiche rapide

Nom scientifique : Moringa oleifera Lam.
Famille botanique : Moringacées
Taille : 10 à 12 m de haut
Utilisations : feuilles (brèdes), jeunes gousses, graines, huile

Description du mouroungue

Le mouroungue est un arbre à l’écorce grisâtre ou blanchâtre, qui peut atteindre une dizaine de mètres. Ses fleurs blanches, groupées en grappes, donnent de longues gousses vertes. À La Réunion, on les appelle « bâtons mouroungue », ou « bâtons tambour », traduction de l’anglais drumstick.

Ces gousses mesurent de 20 à 45 cm de long et contiennent une trentaine de graines rondes, munies de trois petites ailes. Elles s’ouvrent à maturité. L’arbre est plutôt discret, mais très utile dans les régions tropicales.

Origine et culture

Moringa oleifera est originaire d’Inde et du Sri Lanka. Il a été introduit dans les Mascareignes par des Tamouls, et son nom « mouroungue » vient du tamoul murungai. On le trouve aujourd’hui dans de nombreuses régions tropicales.

Il se multiplie par semis ou par bouturage pendant la saison des pluies. Le bouturage est souvent privilégié : il donne des fruits de meilleure qualité et plus rapidement. L’arbre demande peu d’entretien et supporte plutôt bien la sécheresse.

Dans l’assiette

À La Réunion, les feuilles s’appellent « brèdes mouroungue » ou « brèdes médaille ». Elles se mangent cuites, en soupe, en salade ou dans différentes sauces créoles. Nous en avons mangé.

Les jeunes bâtons mouroungue, encore tendres, se cuisinent un peu comme des haricots verts, après avoir retiré les parties filandreuses. Les anciens les préparent souvent en bouillon avec des bringelles (aubergines), des pommes de terre ou des lentilles.

Ailleurs, les fleurs se préparent en beignets ou en infusion, et les racines, broyées, servent de condiment. Les graines peuvent être grillées.

L’eau et l’huile de ben

Les graines pilées agissent comme un floculant naturel : elles font retomber les impuretés en suspension et servent à clarifier l’eau dans plusieurs régions du monde.

Les graines mûres donnent aussi une huile comestible, appelée huile de ben en raison de sa forte teneur en acide béhénique. Elle sert en cuisine, en parfumerie, pour fabriquer du savon et comme lubrifiant.

Usages traditionnels

En médecine traditionnelle, presque toutes les parties de la plante sont utilisées, notamment comme calmant, vermifuge, antispasmodique ou désinfectant. Leur efficacité sur la santé humaine n’est pas démontrée et le moringa ne remplace pas un avis médical : en cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.

Les photos

Moringa, Saint-Leu – photo 2
Moringa, Saint-Leu – photo 3
Moringa, Saint-Leu – photo 4
Moringa, Saint-Leu – photo 5

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur la plante, vous pouvez consulter les pages Moringa oleifera sur Wikipédia et Moringa oleifera sur PlantUse. Si vous vous intéressez au moringa en complément alimentaire, un guide pratique gratuit sur le moringa est disponible sur Run Nature.